Les nazis après le nazisme

Prix: 10 €
Référence : 09520
Les nazis après le nazisme
Les nazis après le nazisme

Auteur : Bogatsvo Jules

Traduit par : Taillefer Yves

Editions : De Vecchi

10/1973

Informations complémentaires

Genre

Type de couverture

Cartonné + Jaquette

Nombre de pages

295

Dimensions

15 x 21 x 2.8 cm

Poids

520 gr

Etat

09/10

Resumé - Extrait

Aujourd'hui les nazis... Autant dire le dernier volume de mise à jour de l'encyclopédie allemande, le dix-huitième tome du Meyers Lexikon... Et cela parce que tout membre de la hiérarchie nazie, si peu important soit-il, est un problème, un cas qu'il convient d'étudier et d'examiner. Que dire alors des "gros bonnets" ? Si les écrits sur Hitler ne se comptent plus, ceux consacrés à Eichmann ne sont pas non plus à négliger, sans parler des mémoires, des articles qui ont paru sur Bormann et sur d'autres "étoiles du firmament nazi". Rien que pour suivre les procédures engagées contre les protagonistes ou leurs subordonnés, les seconds rôles, les doublures, les comparses du drame d'hier, il y aurait de quoi perdre la tête. Quand on songe qu'en mars 1968 on comptait dans la seule Allemagne de l'Ouest au moins vingt mille instructions en cours contre d'anciens nazis ! Et nous ne parlons pas de celles qui avaient lieu en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Belgique. S'il fallait les suivre toutes, une vie entière ne suffirait pas. Il y a aussi les nazis d'origine balte, flamande, Scandinave... ceux des Waffen S.S. et ceux des troupes de Vlaslov ou von Pannwitz, les Oustachis en You­goslavie, les Croix Fléchées en Hongrie, les Roumains d'Antonesco, les Sudètes de Henlein... Savoir ce que sont devenus les survivants n'est pas tâche facile ; les informations sont plutôt rares. On sait, par exemple, que le 28 octobre 1970 à Pskov, en U.R.S.S., on a condamné à mort cinq Estoniens, accusés d'avoir participé, durant l'occupation nazie, aux massacres de civils — parmi lesquels de nombreux juifs ; on a beau faire des recherches, pour tenter de connaître les noms des condamnés, qui ont probablement déjà été exécutés, il n'y a rien à faire, on avance dans le brouillard. Périodiquement, des bruits circulent. Par exemple, on annonce qu'une centaine d'enseignants actuellement en poste en Allemagne de l'Est cacheraient un passé nazi ; mais comment faire pour aller au-delà du simple fait divers ? Ce n'est pas en tout cas Pankow (faubourg de Berlin, siège du gouvernement de l'Allemagne de l'Est) qui nous donnera des précisions en la matière... Ou bien encore on trouve par hasard un article qui laisse perplexe, tel celui publié dans un périodique que nous aurons plusieurs fois l'occasion de citer dans cet ouvrage, et qui s'intéresse tout particulièrement à ces problèmes ; la nouvelle en question, un simple entrefilet, nous apprend que l'israélite Moshé Menuhin, père du célèbre violoniste, a démissionné de ses fonctions de conseiller pour les affaires politiques et culturelles d'un journal d'extrême-droite, le "Deutsche National Zeitung", qui recherchait, il y a quelque temps, des correspondants pour suivre les faits et gestes des terroristes arabes ; tant et si grandes étaient les qualités demandées qu'on aurait pu soupçonner à bon droit que l'on recherchait des professionnels avec, pourquoi pas, le grade de caporal de la Wehrmacht.

En d'autres termes, la réalité de l'après-nazisme est des plus complexes, beaucoup plus même qu'on ne l'imagine. Le monde des nazis d'hier est extrêmement divisé : il y a ceux qui sont restés en contact, ceux qui ont coupé les ponts, ceux enfin qui se sont convertis à de nouvelles idéologies ; après tout, ce ne sont que des hommes. Il importe donc d'avancer avec prudence et surtout avec patience dans ce puzzle aux innombrables morceaux...

 

 



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