Contes bleus

Prix: 5 €
Référence : 07279
Contes bleus
Contes bleus

Yvon et Finette

La bonne femme

Poucinet

Contes bohêmes

Les tois citrons

Pif Paf

Editions : Flammarion

10/1961

Première parution dans la collection

Collections :

Informations complémentaires

Illustré par :

Type de couverture

Cartonné

Nombre de pages

160

Dimensions

15.5 x 21 x 1.8 cm

Poids

370 gr

Etat

09/10

Remarques sur l'ouvrage

Coins cassés

Resumé - Extrait

YVON ET FINETTE

CONTE BRETON

Il y avait une fois, en Bretagne, un noble seigneur, qu'on appelait le baron de Kerver. Son manoir était le plus beau de la province. C'était un grand château gothique, tout en ogives ; les murs en étaient brodés à jour comme une guipure ; de loin on eût dit d'une vigne courant sur un berceau. Au premier étage, les fenêtres peintes et historiées s'avançaient en balcon ; il y en avait six au levant et six au couchant. Le matin, quand le baron, monté sur sa jument Isabelle, s'en allait en forêt, suivi de ses grands lévriers, il saluait à chaque fenêtre une de ses filles qui, un livre d'heures à la main, priait Dieu pour la maison de Kerver. A voir leurs cheveux blonds, leurs yeux bleus, leurs mains jointes, on eût dit de six madones dans leurs niches d'azur. Le soir, quand tombait le soleil, et que le baron rentrait au logis, après avoir fait le tour de ses domaines, il apercevait de loin, aux fenêtres du couchant, six fils aux cheveux bruns, au regard assuré, l'espérance et la gloire de la famille. On eût dit de six chevaliers sculptés au portail d'une église. Aussi, à dix lieues à la ronde, quand on voulait citer un heureux père et un puissant baron, amis et ennemis nommaient-ils le sire de Kerver.

Le château n'avait que douze fenêtres, et le baron avait treize enfants. Le dernier, celui qui n'avait point de place, était un beau garçon de seize ans, qu'on appelait Yvon. Suivant l'usage, c'était le bien-aimé. Le matin au départ, le soir au retour, le baron trouvait toujours sur le seuil de la porte Yvon qui l'attendait pour l'embrasser. Avec ses cheveux blonds, qui lui tombaient au milieu du dos, sa taille cambrée, son air mutin, son geste hardi, Yvon était l'amour de tous les Bretons. A douze ans, il avait bravement attaqué et tué un loup à coups de hache : aussi l'avait-on surnommé Sans-Peur. C'est un titre qu'il méritait, car il n'y eut jamais de cœur plus hardi...



Vous appréciez ce livre ?